Le concept

La mission primaire de l’Association est d’offrir de nouvelles perspectives et opportunités inclusives, principalement dans le monde du travail, à des personnes qui, à cause de leur handicap sévère, n’y ont pas accès. Ci-dessous vous trouvez plus d’informations concernant le projet.

Introduction

L’Association « De toutes nos Forces » vise l’inclusion sociale et professionnelle de personnes en situation de handicap sévère, en partenariat avec des entreprises privées.

Ce projet prend son origine dans des échanges partagés par les deux travailleurs sociaux que nous sommes, désireux d’offrir de nouvelles perspectives aux personnes en situation de handicap que nous avons accompagné quotidiennement, depuis 17 et 10 ans, au sein de la Fondation « FAH-SEB » (Fondation fribourgeoise en faveur des personnes handicapées mentales et IMC).

L’objectif principal de notre réflexion se portait sur la valorisation des rôles sociaux au sein de notre institution et en dehors. Nous nous sommes alors centrés sur les besoins d’une partie de la population que nous accueillons et en avons tiré un constat clair : Ces personnes ont les mêmes besoins de travailler que tout un chacun et surtout de ressentir l’importance, l’efficacité de leur rôle en société.

En juin 2015, la phase pratique du projet a démarré avec quatre bénéficiaires. Depuis, vingt personnes en situation de handicap ont intégré avec succès une réalité de travail ordinaire. En mars 2020, l’émergence COVID-19 a imposé une pause des activités, qui par la suite ont été arrétées.

Les expériences vécues aux côtés des bénéficiaires depuis cinq ans et leur envie manifeste de retrouver la réalité professionnelle, nous obligent à trouver d’autres alternatives, afin de continuer à garantir ces prestations essentielles. L’Association « De toutes nos Forces » nait, en relevant ce défi éthique et sociétal.

Les participants

Les bénéficiaires, adultes, présentent des pathologies, âges et personnalités hétérogènes, mais sont animés par un désir commun : travailler et se rendre utiles. Chacun d’entre eux jouit d’une fréquence de participation adaptée à ses besoins (d’une à cinq journées par semaine) et d’une intensité de travail en adéquation avec ses ressources (exigences, horaires, pauses). Généralement, les participants bénéficient d’une rente AI complète. 

Les partenaires

Jusqu’en mars 2020, les bénéficiaires travaillaient du lundi au vendredi au sein du « Café de la Presse » (restaurant, Fribourg). À partir de février 2018, deux nouveaux partenaires nous ont ouvert leurs portes pour entamer une collaboration. Il s’agit de « Pasta Abate », producteur de pâtes artisanales, actif à la « Blue Factory » de Fribourg, et de la boulangerie tea-room « Au Fil du Temps » à Léchelles (cette collaboration a pris fin en novembre 2019, à cause de la fermeture du commerce). 

En 2019, la « Ferme Bapst » de Cormagens (préparation, conditionnement et livraisons de pommes-de- terre) et L’Alma Chine (brocanteur, menuiserie, livraison de meubles ; Fribourg), ont contribué à élargir les opportunités professionnelles des participants. Enfin, l’entreprise agricole Bianchi (Tessin), nous permettait d’offrir le camp « travail-loisir » à quatre bénéficiaires (travail à la ferme le matin et activités de loisirs l’après-midi), pendant une semaine, chaque année.

Nous avons aussi développé des activités annexes et alternatives, liées aux différents partenaires cités : service traiteur, ventes de produits aux marchés. Le 28 avril 2021, une convention relative à la collaboration entre la Commune de Marly et l’association De toutes nos Forces a été établie. Dans un premier temps, les bénéficiaires de l’association ont l’opportunité de travailler dans la cuisine extrascolaire fournissant les repas de la crèche communale et des AES communaux.

Particularités et principes du projet

Notre projet est innovant par le fait que les critères d’admission ne reposent pas principalement sur l’échelle des capacités de la personne (comme il se fait communément dans les ateliers protégés). Nous mettons au premier plan les besoins de la personne, en adaptant les activités à ses capacités et spécificités.

Grâce à ce principe, certains bénéficiaires qui n’ont jamais eu ou qui n’ont plus la possibilité de travailler dans des ateliers protégés ou ailleurs, mais qui ressentent le besoin de se rendre utiles en société, peuvent accéder au monde des entreprises ordinaires.

Une nouvelle ressource sociale dans le domaine du handicap, entre des institutions qui acceuillent des personnes en situation de handicap sévère et les ateliers protégés est donc proposée.

Le choix de partenaires privés déjà existants répond aux principes de « normalisation » du quotidien de la personne en situation de handicap, garantit une valorisation puissante des rôles sociaux et favorise une inclusion intégrale du bénéficiaire dans la société. Cette démarche permet à la personne en situation de handicap, généralement positionnée comme receveuse (besoin d’aide constant), de se rendre à son tour utile, moteur essentiel à la valorisation de tout un chacun. Les bénéficiaires, inscrits dans un marché réel, ressentent la responsabilité, la confiance qui reposent sur eux et comprennent l’importance de leurs actes. Le salaire remis par l’entreprise concrétise la satisfaction de l’employeur par rapport au travail accompli.

 

 

L’accompagnement proposé met en valeur les compétences du bénéficiaire, tout en l’incitant à repousser ses limites. En évaluant la zone proximale de développement (Vigotsky) de chaque participant, ce dernier est sollicité d’une part à remplir les exigences du travail, de l’autre à améliorer ses compétences progressivement, sans être confronté à un stress excessif. Cette démarche vise à améliorer l’autonomie et l’autodétermination du bénéficiaire en favorisant les situations de réussite vécues par ce dernier, la prise de conscience de ses propres moyens et le renforcement graduel de l’estime de soi. Le travailleur est ainsi amené à fournir son effort maximal pour accomplir les tâches requises.

La manière de communiquer de l’accompagnant, qui vise à une normalisation du quotidien du participant, est aussi un élément fondamental : les incitations, remarques, félicitations sont proportionnelles au potentiel du travailleur, à l’effort et au résultat fourni. Cette manière authentique et directe de se mettre en relation avec le bénéficiaire permet d’aller au-delà du handicap, en mettant au centre la dignité de la personne.

 

Les résultats 

Les participants affichent une motivation et un enthousiasme évidents qu’ils n’hésitent pas à partager avec leur entourage, chacun à sa manière. Leurs sourires, les discussions soutenues, l’élargissement de leur réseau et de leurs connaissances, mais surtout l’implication qu’ils mettent dans la tâche, nous laissent à juste titre, le droit de penser que les bénéfices qu’ils en tirent sont énormes, tant sur le plan physique, psychique que social.

Grâce à cette expérience, le bénéficiaire sort de l’institution, profite de nouvelles rencontres et de moments de partage dans un contexte valorisant, qui facilite l’interaction envers autrui et l’expression de sa propre personnalité. Cet échange s’avère enrichissant autant pour la personne en situation de handicap que pour l’autre.   

Les participants accèdent à une place utile, productive et rémunérée dans la société, ce qui engendre une forte valorisation personnelle et renforce l’estime de soi. Pendant le travail, mais aussi en dehors du contexte professionnel, ils expriment leur fierté et verbalisent sans cesse leur envie de retourner travailler ou d’augmenter leur fréquence de participation. Pour la plupart d’entre eux, le travail a clairement pris une place centrale dans leur planning hebdomadaire. Grâce à une prise de conscience progressive de leurs propres capacités, les bénéficiaires maîtrisent de plus en plus les outils de travail et les actions demandées.

Positionnés comme employés, les participants changent complètement par rapport à leurs attitudes habituelles : ils se montrent plus motivés et concentrés, ce qui leur permet d’augmenter leur efficacité et d’exploiter au maximum leur potentiel.

Certains troubles du comportement diminuent ou disparaissent pendant le travail. L’attention de la personne est focalisée sur la réalisation, avec qualité, de la tâche requise, ce qui limite les gestes automutilatoires, des crises d’agressivité (physiques ou verbales), des TOC, des stéréotypies et des logorrhées (comportements souvent liés à un état de frustration, d’anxiété ou d’angoisse).

En général, l’implication des participants est une prédisposition précieuse qui leur permet de maintenir certaines capacités cognitives et physiques et d’en développer des nouvelles, en limitant (ou ralentissant) les possibles conséquences négatives dues à leur pathologie. 

Certaines admissions à l’atelier partent d’une demande spontanée du bénéficiaire, ce qui démontre l’intérêt et l’admiration avec laquelle d’autres personnes en situation de handicap regardent leurs camarades travailler.

Les familles des participants expriment leur profonde satisfaction et leur gratitude. Elles aperçoivent que le membre de leur famille a la possibilité d’élargir ses horizons et de s’épanouir personnellement. 

Les éducateurs et d’autres professionnels du secteur manifestent leur adhésion et fascination pour le projet.

Les partenaires se disent pleinement satisfaits. Ils adhèrent aux principes de l’atelier et manifestent une implication certaine, afin que les participants vivent des expériences enrichissantes. Ils revendiquent avec fierté l’importance du projet auprès de leur clientèle. Cette dernière se montre intriguée par la démarche entreprise et ouverte face aux bénéficiaires, ce qui garantit une ambiance de travail joviale et positive. 

 

Le projet a augmenté progressivement sa visibilité, grâce à plusieurs articles de journaux, les médias, le bouche à oreille, une présentation officielle à la HETS-FR et la reconnaissance du concours national Monéquilibre (2ème place, prix de 6000 fr.).

La société, en général, nous témoigne sa solidarité et s’investit de manière positive pour favoriser l’inclusion sociale des participants. En mettant en évidence les compétences du bénéficiaire, le handicap passe en deuxième plan : la personne n’est plus perçue comme un individu en difficulté à aider, mais plutôt comme quelqu’un qui mobilise fièrement ses ressources. Par conséquent, la méfiance initiale, due bien souvent à la méconnaissance du handicap, ne débouche pas sur un sentiment d’apitoiement ou de mal-être, mais, au contraire, sur une perception positive et parfois d’étonnement. La dignité de la personne est alors naturellement respectée et valorisée. Cette expérience est aussi une opportunité pour la société de s’ouvrir à la différence pour vivre et grandir ensemble.

L’association « De toutes nos Forces »   

Les résultats obtenus nous ont poussé à entamer notre démarche associative, afin d’offrir de nouvelles perspectives et opportunités, principalement dans le monde du travail, à des personnes qui, à cause de leur handicap sévère, n’y ont pas accès.

L’association “De toutes nos Forces” a été constituée le 23 novembre 2020 et ses activités avec les bénéficiaires ont démarré en juin 2021

Nos partenaires soulignent leur motivation. Conscients de l’importance capitale de l’activité professionnelle pour le bénéficiaire, ils se disent prêt à relever le défi.

D’autres entreprises nous ont contacté en nous faisant part de leur intérêt pour une collaboration future et en nous proposant des activités variées et intéressantes. De plus, au vu des résultats obtenus et de l’ouverture générale de la société envers ces idées, nous sommes confiants sur le fait de pouvoir soumettre notre projet avec succès à d’autres entreprises.

L’Association vise l’inclusion sociale et l’épanouissement général de la personne en situation de handicap, non seulement à travers la sphère professionnelle, mais aussi par d’autres biais :

  • Proposition d’activités de loisir, de découverte et de formation variées
  • Organisation de voyages (loisir, découverte, travail)

Cerebral Fribourg, Insieme Fribourg et Vincent Godel (Président Procap sport, région Broye) soutiennent avec ferveur cette initiative. 

Nous tenons à remercier les acteurs principaux de cette belle aventure : Thierry, Giuseppe, Yvette, Corinne R., Pierre-André, Steve, Francis, Frédéric, Anne, Corinne B., Marie, Nayden, Philippe, Dominique, Annick, Carole, Hubert, Mathias, Danielle, Maxime, Alexandre, Fiorenzo.